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La jalousie, un frein psychologique à notre propre réussite

24 juin
4 min de lecture

« Je ne comprends pas, je fais tout comme eux mais ça ne marche pas »


Depuis petit, nous avons tendance à nous comparer. C’est un comportement appris. Nos parents nous ont comparé à nos frères et sœurs ; les enseignants nous ont comparé à nos camarades de classe ; à l’adolescence, nous avons comparé nos corps à celui des autres, etc.


On dit souvent que la comparaison n’est que source de souffrance. Et en effet, c’est souvent ce que j’observe chez les clients.


Fille observant par la fenêtre

Face à la réussite extérieure des autres, nous pouvons ressentir de l’envie, voire de la jalousie, du dégoût, de l’injustice, de la frustration, etc. Surtout en France, la réussite fait jaser. La réussite professionnelle et financière en particulier. Le regard négatif que l’on porte sur la réussite des autres peut révéler une part de nous. Notre réactivité peut signifier un désir enfoui, que l’on ne veut pas reconnaître.


La réussite est différente selon les individus. Nous n’avons pas la même vision de la réussite. Pour certains, c’est la construction d’une famille, pour d’autres c’est l’épanouissement dans une carrière, ou encore la réalisation d’une œuvre artistique, la concrétisation d’un mode de vie particulier, etc. Cependant, nous avons tous quelqu’un en tête que nous admirons, qui a une vie qui nous attire. Cela parle de nous, de nos rêves, de la personne que l’on aimerait devenir.


La réussite implique des responsabilités, des décisions claires et alignées, des prises de risque mesurées, des étapes à franchir une à une… Lorsque nous regardons la réussite des autres, souvent ça a l’air facile. Et nous pouvons nous interroger : « Pourquoi je n’y arrive pas moi aussi ? Cela n’a pas l’air si compliqué. Et qu’est-ce qu’il a de plus que moi ? Qu’est-ce qu’elle fait de différent ? Quelle est sa recette magique ? »


La comparaison peut être source d’inspiration, si nous regardons au bon endroit. Et si la démarche part également du bon endroit en nous. Il est essentiel de cultiver cette capacité à se réjouir pour l’autre. Si nous ne pouvons pas accepter la réussite de l’autre, il devient plus difficile pour nous d’y accéder. Si nous jugeons cet autre que l’on envie, nous jugeons finalement notre propre personne qui pourrait réussir. Et nous créons ainsi des freins inconscients à notre réussite.


« Sa réussite me dégoûte », « ce n’est pas juste », « il a eu de la chance » … Alors le cerveau associe inconsciemment la réussite à un danger potentiel (rejet, culpabilité, injustice…). Il enregistre que c’est mal de réussir, c’est sale, c’est injuste…Ainsi nous favorisons des sentiments de culpabilité ou de honte à réussir. Nous nous conditionnons nous-même à ne pas devenir celui ou celle qui réussit.


Et si, au lieu de juger et critiquer, nous pouvions regarder le monde avec un regard neutre et curieux ? Et nous interroger : qu’est-ce que sa réussite peut m’apprendre ? Quel est le parcours de cette personne qui réussit ? Qu’a-t-elle essayé avant de réussir ? Qu’est-ce qu’elle a rencontré comme épreuves ? Qu’a-t-elle appris ? Quelles sont ses ressources et forces ? Quelles sont ses difficultés ? Comment fait-elle pour les résoudre ? Sur qui s’appuie-t-elle ? Quelles étapes a-t-elle mis en place ? Comment pense-t-elle ? Quel écosystème a-t-elle construit (mode de vie, rythme et organisation, hygiène de vie, réseau social, mode de pensée, rapport au stress et aux émotions, qualités des relations, etc. ?) ? Que sait-elle que vous ignorez ?


Nous apprenons par imitation, alors souvent nous essayons la méthode des autres. Et cela ne fonctionne pas pour autant. Comment ça se fait ? Il ne s’agit pas que du faire. Si l’action n’est pas alignée avec notre intention et nos valeurs, si nous n’avons pas la posture intérieure qui va avec, les résultats seront différents.


J’ai moi-même essayé les méthodes de création de contenus, les méthodes marketing conseillées et éprouvées par des entrepreneurs qui me semblaient plus avancés. Résultat : beaucoup d’énergie dépensée, de temps, et de frustration, pour peu, voire zéro résultat.


Nous imitons souvent les actions visibles des personnes qui réussissent, mais rarement leur structure intérieure. Et ça ne colle pas. J’ai appris que la méthode des autres fonctionne pour eux car cela correspond à leur personne et à leur écosystème. Cela implique de nombreux facteurs, ce n’est pas juste l’implémentation d’une nouvelle méthode ou d’un nouveau process.


Nous essayons souvent de résoudre par des stratégies externes ce qui relève d'un conflit interne. Nous cherchons de meilleures méthodes alors que nous avons parfois besoin d’une meilleure relation à nous-même. Nous cherchons une meilleure stratégie de communication alors que nous n’assumons pas notre singularité. Nous cherchons à faire plus alors que nous avons besoin d’explorer ce qui nous empêche d’avancer.


Nous oublions trop souvent que nous sommes des êtres créatifs. Nous pouvons nous inspirer des autres, non pas pour copier leur façon de faire, mais pour nourrir notre propre processus créatif et innover, trouver notre propre voie.


Lorsque vous regardez la réussite de quelqu'un, posez-vous une question simple : Est-ce que je veux réellement ce qu'il a créé ? Ou est-ce que je veux seulement ressentir ce que j'imagine qu'il ressent ?


La jalousie invite à revenir à soi. Quelle est ma vision ? Quels sont mes objectifs ? Quelles étapes pour les atteindre ? Quelles sont les ressources personnelles, sociales, matérielles dont j’ai besoin ? Où puis-je les trouver ? Comment je peux les développer ? Ou les inventer ?


La jalousie n'est pas le problème. Elle est un indicateur. Elle révèle souvent ce que nous désirons, ce qui nous manque, ce que nous n'osons pas nous autoriser, ou la manière dont nous nous éloignons de notre propre chemin.

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